"Le Doute", portrait d'Antioche et Zégora, crayon de couleurs, format 120*79 cm

PORTRAITS

Où se trouve la frontière entre normalité et étrangeté?

Je ne photographie aucun visage,
je les dessine.
Je photographie des attitudes, des mouvements, des gestes, 
Je dessine les imperfections d'une peau, les rides, les plis de vêtements, un regard..  

C’est par le dessin que je décide de rendre visible le visage et le corps. Une quête de l'individu qui diffère de mon travail photographique.
Le portrait se révèle matière de chair, de couleur. Les rides, les plis d’une chemise, les rougeurs d’une peau, un regard, je m’accroche à ces petits détails. 
Le spectateur est confronté à ces visages. 
Une connexion se crée.
L'acte du portrait est pour moi signe d'attention, de respect et d'éloge de la personne. Je ne tente pas de la glorifier mais de la faire exister, pour elle, les autres, maintenant et après. Le portrait confirme le caractère unique de la personne.

Pépé Jean

Pépé Jean.
Jean Beyler, d'origine allemande, que l'on appelait pépé Jean, est le grand-père de mon conjoint. 
Dans la famille Beyler, Jean incarnait le père s'inscrivant sans une hiérarchie patriarcale. Avec le temps, ce rôle s'altérait peu à peu, les relations père/fils/petit-fils changeaient. 
C'était un homme peu bavard, mais son regard d'un bleu glacial exprimait de longs mots. D'une grande douceur, je l'estimais beaucoup. 
La volonté de dessiner son portrait vient d'un besoin de fixer ce regard qui me touche. La composition très classique est finement contrastée avec un traité des couleurs qui s'affranchit de la réalité.